Le potentiel des images générées par l’IA : et si votre marque s’emparait du phénomène ?

Le potentiel des images générées par l’IA : et si votre marque s’emparait du phénomène ?

Le phé­no­mène est deve­nu viral ces der­niers mois : les illus­tra­tions géné­rées par une intel­li­gence arti­fi­cielle ont la cote ! Et pour cause, l’inno­va­tion tech­no­lo­gique s’est récem­ment accé­lé­rée et per­met aujourd’hui à n’importe qui d’utiliser ces outils, direc­te­ment sur cer­tains sites Inter­net à par­tir d’un prompt (une phrase ou suc­ces­sion de mots-clés). Du text-to-image rapide, intui­tif et clai­re­ment ludique !

 

Très vite, le milieu de l’art et les indus­tries de la créa­tion se sont sai­sis de cette ten­dance. Le desi­gner Geof­frey Dorne a par exemple illus­tré des titres de presse grâce à Mid­jour­ney – un pro­gramme d’intelligence arti­fi­cielle pro­dui­sant des images à par­tir de prompts, créé par un labo­ra­toire du même nom – dans un thread Twit­ter inti­tu­lé #IAFP (un jeu de mot sur l’acronyme de l’Agence France Presse).

Il est éga­le­ment pos­sible de voir les pre­miers pas de l’image géné­rée par une IA dans le milieu de la fic­tion, avec l’utilisateur @supercomposite qui a rela­té l’existence d’un « démon aux allures de femme » qui han­te­rait les outils d’IA.

Mais si les articles fleu­rissent autour de l’utilisation de cette tech­no­lo­gie dans le monde de l’art, qu’en est-il pour les marques ?

Peut-on conce­voir des manières de tirer pro­fit de cette inno­va­tion ? Et fina­le­ment, est-ce une oppor­tu­ni­té ou un dan­ger pour ceux qui façonnent les empreintes visuelles des marques ?

 

Les marques et l’illustration IA : quelles réalités actuelles ?

 

Même si les récentes inno­va­tions sont une vraie révo­lu­tion, ce serait men­tir que de consi­dé­rer qu’il est aujourd’hui pos­sible de créer des visuels réa­listes, de grande qua­li­té et avec une sin­gu­la­ri­té illimitée.

 

Mal­gré cela, cer­taines marques se sont déjà empa­rées de ce phé­no­mène pour mettre en place des acti­va­tions tac­tiques, avec plus ou moins de succès :

 

Heinz a tes­té l’outil DALL‑E 2 déve­lop­pé par Ope­nAI pour voir quels seraient les résul­tats en uti­li­sant le prompt « ket­chup ». Même si les résul­tats n’ont pas don­né d’illustrations direc­te­ment exploi­tables, ils ont per­mis à la marque de se rendre compte de la noto­rié­té de ses assets auprès de l’algo­rithme et, ain­si, de la force de la marque Heinz dans l’univers du ketchup.

 

Grâce à la fonc­tion­na­li­té Out­pain­ting du même outil DALL‑E 2, La Lai­tière a, elle, ima­gi­né son monde éten­du, der­rière le célèbre tableau de Ver­meer et son icône. Là encore l’occasion de conti­nuer à tra­vailler les élé­ments les plus connus de la marque tout en élar­gis­sant son uni­vers visuel.

 

Et demain : quelles opportunités ? 

 

On peut ima­gi­ner que les outils vont conti­nuer à s’améliorer en deve­nant plus pré­cis. Ils trai­te­ront les demandes plus rapi­de­ment et à moindre prix. Les plus per­for­mants d’entre eux pour­ront deve­nir de véri­tables alliés pour les créa­tifs, à condi­tion de savoir tirer pro­fit de ce qu’ils peuvent appor­ter sans pen­ser naï­ve­ment qu’ils pour­ront rem­pla­cer le tra­vail de vraies personnes.

 

En s’inspirant de ce qu’il est pos­sible de faire aujourd’hui et en ima­gi­nant quelques légères amé­lio­ra­tions dans un futur proche, voi­ci quelques oppor­tu­ni­tés d’utilisation com­pre­nant ces outils d’IA géné­ra­tive.

 

1. Alimenter en inspiration

 

Cela est pos­sible en capi­ta­li­sant sur la rapi­di­té d’exécution pour uti­li­ser les outils dans le cadre de work­shops, pour géné­rer des planches d’inspiration, pour pro­po­ser des ice­brea­kers ou encore, pour se dis­tin­guer lors d’une présentation.

 

C’est ce que per­met l’outil Sto­ckAI à l’heure actuelle. Fini les longues heures pas­sées sur les sites d’images de stock, sans pour autant trou­ver un résul­tat répon­dant pré­ci­sé­ment au visuel recherché.

Bien que le géné­ra­teur soit encore assez peu per­for­mant en termes de créa­tion de visages et d’humains réa­listes, il peut per­mettre la créa­tion de back­grounds inani­més vraisemblables.

Des résul­tats plus fan­tai­sistes peuvent être uti­li­sés comme toile de fond pour créer une cer­taine ambiance, évo­quer un sen­ti­ment, ou don­ner une orien­ta­tion visuelle assez glo­bale en termes de formes, cou­leurs et atmosphère.

Une image obte­nue à l’aide du prompt « Christ­mas tree deco­ra­ted with coins »

 

2. Réaliser des visuels prototypes 

 

Il est éga­le­ment pos­sible d’aller un peu plus loin avec ces outils en les uti­li­sant comme une façon de se pro­je­ter, à l’image d’une visite vir­tuelle d’un appar­te­ment. L’objectif est alors d’obtenir des ver­sions 0 sur les­quelles il peut être plus facile de construire la suite. Ces pre­miers jets sont des repères immé­diats sur la per­ti­nence d’une idée, per­met­tant donc de gagner du temps.

 

C’est le cas du pro­jet OctoS­QL qui a fait le choix de réa­li­ser son logo à par­tir d’illus­tra­tions géné­rées par une IA. Dans un article pos­té par le fon­da­teur de ce pro­jet, celui-ci explique ne pas avoir obte­nu un résul­tat par­fait, mais il est tout de même par­ve­nu à un logo fonc­tion­nel après une dizaine d’essais et de varia­tions proposées.

 

Le logo de OctoS­QL : du pre­mier résul­tat obte­nu jusqu’au logo utilisé

 

3. Générer un panel de versions différentes 

 

La force des outils de géné­ra­tion IA, c’est qu’ils sont en constante amé­lio­ra­tion et peuvent conti­nuer d’être enri­chis par de nou­velles sources. Ima­gi­nons main­te­nant une tech­no­lo­gie com­bi­nant la base de don­nées glo­bale d’un outil déjà entraî­né et celle d’une marque injec­tant tous ses assets disponibles.

Grâce aux algo­rithmes et aux don­nées récol­tées, l’outil pour­rait être capable d’identifier les assets les plus forts et en pro­po­ser des nou­veaux à par­tir de ceux exis­tant déjà.

 

Repre­nons l’exemple du cas Heinz. L’algo­rithme d’OpenAI a déjà été suf­fi­sam­ment entraî­né pour recon­naître que la caté­go­rie ‘Ket­chup’ est asso­ciée à des assets pro­prié­taires de la marque, comme la forme en clé de voûte et la cou­leur rouge.

Dans un futur proche, les marques pour­ront sûre­ment injec­ter de nou­velles infor­ma­tions per­ti­nentes pour entraî­ner les machines – telles que l’his­toire de la marque, ses valeurs, sa per­son­na­li­té, qui seront des élé­ments eux-mêmes asso­ciés à une cer­taine ima­ge­rie au sein de l’algo­rithme de l’outil – et ain­si tra­vailler en col­la­bo­ra­tion avec l’IA pour créer du conte­nu varié, plus rapidement.

 

 

Une identité visuelle complètement créée par une IA : rêve ou réalité ?

 

Inutile de voir les outils de géné­ra­tion d’illustrations par des IA comme les enne­mis des créa­tifs ! À l’heure actuelle, le rem­pla­ce­ment des hommes et des femmes par des machines est encore une uto­pie… ou une dystopie.

 

Comme toute autre inno­va­tion tech­no­lo­gique, l’IA géné­ra­tive appor­te­ra son lot d’opportunités, et il est impor­tant de les iden­ti­fier et de s’autoriser à expé­ri­men­ter. Les avan­tages sont nom­breux : gain de temps, gain d’argent, ou encore quan­ti­té de propositions…

 

Néan­moins, il paraît déri­soire d’imaginer un monde dans lequel des algo­rithmes fonc­tion­nant avec une IA pour­raient sou­dai­ne­ment s’investir d’une conscience artis­tique. De plus, est-il sou­hai­table de ris­quer d’arriver à une forme d’homogénéisation dans le cas où les mêmes algo­rithmes seraient uti­li­sés par des mul­ti­tudes d’acteurs ?

C’est bien pour cela qu’il est impor­tant de gar­der le maî­trise sur l’utilisation de toutes ces tech­no­lo­gies, et de conti­nuer à exploi­ter une sin­gu­la­ri­té humaine : notre apti­tude créative !

 

 

Pour tes­ter à votre tour, voi­ci une liste non-exhaus­tive d’outils d’IA géné­ra­tive :

2560 1707 France