Et si on trottinait au lieu de courir ?

Et si on trottinait au lieu de courir ?

Vous en êtes où, vous, de vos bonnes réso­lu­tions ? Nor­ma­le­ment, vous devriez être 2 sur 3 à vous cacher sous votre bureau pour avoir renon­cé à votre pro­gramme sitôt énon­cé. Vous y aviez pour­tant mis du cœur, décla­mant vos nobles inten­tions avec la bra­vi­tude d’un che­va­lier des temps moderne : sus aux kilos en trop, haro sur la ciga­rette, à moi les hal­tères, vive la nour­ri­ture et la vie saines. 

 

Mais quelle idée aus­si de faire com­men­cer l’année le len­de­main de la Saint Syl­vestre, à peine les vapeurs d’alcool dis­si­pées ! Un œil par la fenêtre suf­fit à relé­guer aux oubliettes les vel­léi­tés de foo­ting quo­ti­dien. Et puis qu’est-ce qu’on va faire des restes ? Faut bien se sacri­fier, on ne va quand même pas jeter toutes ses vic­tuailles sous pré­texte que le fri­go s’est trans­for­mé en mille-feuille de sucre et de graisse. Résul­tat, 1 réso­lu­tion sur 7 ne sur­vit même pas au 1er de l’an, le tiers résiste une semaine et seuls 14% tiennent jusqu’au bout. 

 

Et si on avait tout faux ? Si la véri­table urgence était de stop­per cette course folle ? Mais com­ment résis­ter au culte de l’efficacité qui anime notre socié­té de soi-disant progrès ?

Tenez, la trot­ti­nette par exemple. Un pro­jet de loi est actuel­le­ment en dis­cus­sion pour per­mettre aux trot­ti­nettes de quit­ter le trot­toir et d’exploser léga­le­ment la limi­ta­tion de vitesse actuelle à 6 km à l’heure. C’est quoi l’intérêt ? Si on veut faire de la route, on prend la voi­ture. Si on veut aller vite, on prend un scoo­ter. La voca­tion de la trot­ti­nette n’est pas d’aller vite, son éty­mo­lo­gie le prouve : “trot­ti­nette” vient de “trot­tin”, un terme uti­li­sé pour les jeunes employées char­gées de faire les courses en ville lorsqu’elles “trot­ti­naient” à petite pas. La trot­ti­nette n’est donc pas un “engin de dépla­ce­ment”, mais un art de vivre, une manière dif­fé­rente d’appréhender le monde. C’est du slow living à l’état pur.

 

« Je trot­ti­nais sur l’a­ve­nue le cœur ouvert à l’inconnu

Sur ma trot­ti­nette je par­lais à n’im­porte qui

N’im­porte qui et ce fut toi… »

 

Ben non… parce qu’avec votre trot­ti­nette élec­trique vous êtes pas­sé tel­le­ment vite que vous avez raté l’âme sœur. Voi­là ce que c’est la trot­ti­nette élec­trique : un tue‑l’amour !

 

Et si, pour cette nou­velle année, on chan­geait de pers­pec­tive ? Si on se fixait comme chal­lenge, non pas d’en faire plus, mais d’en faire moins ? De ralen­tir plu­tôt que d’accélérer ? De pro­fi­ter de l’instant pré­sent plu­tôt que d’ajouter des cases à sa to-do list ?

 

Cathe­rine Sand­ner, New Busi­ness Manager

2560 1709 France