Confiné … mais rassurant !

confiné rassurant

Confiné … mais rassurant !

Face à la situa­tion inédite, nous ins­tau­rons un nou­veau moment de par­tage. Chaque semaine un de nos col­la­bo­ra­teurs nous livre sa pen­sée et son res­sen­ti. Aujourd’hui, Éléo­nore Mabille, Direc­trice Conseil, répond à nos ques­tions, en wor­king girl muli­tâche, pim­pante et au taquet, confi­née… mais rassurante ! 

 

Com­ment main­te­nir, voire ren­for­cer, le lien avec les clients par temps de confinement ?

J’ai appris le confi­ne­ment dans des cir­cons­tances par­ti­cu­lières puisque j’étais en vacances au ski, dans une bulle de bon­heur, décon­nec­tée de l’ambiance anxio­gène qui gagnait le pays. La crise est venue de l’extérieur et nous est tom­bée des­sus avec son lot d’angoisse et de pro­blèmes à régler, comme l’annulation des trains de retour… Je bai­gnais dans un sen­ti­ment d’irréalité, j’avais l’impression d’évoluer dans un film. Cepen­dant, le réveil a été bru­tal puisque je suis ren­trée lun­di et que nous étions confi­nés mar­di. Il a fal­lu s’organiser pour être opé­ra­tion­nel à tout niveau en 24 heures, faire les courses, amé­na­ger la mai­son, avec un poste de télé­tra­vail pour chaque membre de la famille, s’assurer que l’informatique suive, etc. En fait, je vivais en paral­lèle, à mon échelle, la même expé­rience que l’agence, qui a très vite mis en place les outils néces­saires pour être opé­ra­tion­nelle qua­si­ment du jour au lendemain.

Cette effi­ca­ci­té dans l’organisation du tra­vail et de l’agence nous a per­mis d’être nous-mêmes ras­su­rés et donc, en capa­ci­té de ras­su­rer nos clients. Ce qui repré­sente à mes yeux la pre­mière urgence. J’ai le sen­ti­ment qu’ils oscil­laient tous un peu comme moi entre le deuil d’une cer­taine façon de vivre et l’organisation d’une nou­velle façon d’avancer. Il était impor­tant de leur faire savoir qu’ils pou­vaient comp­ter sur nous, que nous étions là, prêts à les accom­pa­gner, les sou­te­nir et leur appor­ter des solu­tions. Sans les har­ce­ler pour autant, sans leur mettre la pres­sion, mais en étant à l’écoute. Avec empathie.

De mon côté j’ai envoyé un mail à tous mes clients, du diri­geant au sta­giaire, et j’ai appe­lé mes inter­lo­cu­teurs pour leur lais­ser un mes­sage per­son­nel, véri­fier que tout allait bien et les ras­su­rer sur notre capa­ci­té à conti­nuer à tra­vailler ensemble.

Glo­ba­le­ment, je res­sens une soif de contacts, un besoin d’être plus sou­dés que jamais, aus­si bien au niveau de mon équipe que de mes clients, dont beau­coup dans l’alimentaire. Ils sont d’utilité publique et, face à des situa­tions com­pli­quées, font preuve d’une mobi­li­sa­tion sans faille pour conti­nuer à pro­duire, livrer, appro­vi­sion­ner… Alors, for­cé­ment, leur mar­ke­ting est moins struc­tu­ré voire désor­ga­ni­sé, mais c’est notre rôle de nous adap­ter, d’être plus réac­tif et agile que jamais, de répondre à l’urgence et à des brief « crash ». C’est ça, être partenaire.

 

Quelle évo­lu­tion pour la rela­tion client en de telles circonstances ?

Être confi­né nous pousse à trou­ver des alter­na­tives dans la façon de tra­vailler mais n’affecte pas notre capa­ci­té à créer et à accom­pa­gner nos clients. Même quand c’est un nou­veau client et que la rela­tion reste à construire.

Juste avant le confi­ne­ment, nous enta­mions jus­te­ment un gros pro­jet d’innovation et de créa­tion de gamme avec un nou­veau client. Tout aurait pu être gelé vu les cir­cons­tances. Nous avons dis­cu­té avec notre client et défen­du l’idée que la crise aura une fin et que les pro­jets sor­ti­ront. Nous lui avons pro­po­sé d’avancer sur la créa­tion et la stra­té­gie, il nous a sui­vi et aujourd’hui il nous féli­cite pour la qua­li­té de notre tra­vail. Il nous a même inter­ro­gé sur une autre marque. C’est pour nous une vraie vic­toire ; ça veut dire que nous sommes solides, fiables, même dans l’adversité. C’est ce dont nos clients ont besoin pour se sen­tir ras­su­rés : savoir que nous allons nous adap­ter, quelles que soient les condi­tions et les cir­cons­tances. Savoir que, même si on ne tra­vaille pas comme d’habitude, on va y arri­ver. J’ai le sen­ti­ment qu’avec cette crise, nous avons gagné en confiance.

Avec le temps, les col­la­bo­ra­teurs se sont habi­tués à cette nou­velle façon de tra­vailler, cha­cun a pris ses marques. Moi-même, je me sens plus effi­cace dans mon tra­vail, plus concen­trée. Les réunions vont plus vites, avec un ordre du jour res­pec­té. On va à l’essentiel. Au sein de l’entreprise, nous sommes confi­nés mais pas iso­lés. Tous les matins, je suis en visio avec mes équipes, on s’écoute les uns les autres, on parle du tra­vail mais aus­si de nos vies, on se lance des chal­lenges. Les échanges sont plus soli­daires. Nous nous sen­tons sou­dés et por­tés par une bonne dyna­mique. Ce qui est vrai pour nos équipes, est vrai pour la famille, les amis, les clients… Nous appre­nons à créer du lien à distance.

 

Com­ment se pro­je­ter dans l’avenir mal­gré la crise ? 

Nous sommes actuel­le­ment dans une phase de sta­bi­li­sa­tion qui va durer. L’annonce du 11 mai comme date de décon­fi­ne­ment a été rapi­de­ment bat­tue en brèche ; les trans­ports vont res­ter com­pli­qués, les écoles aléa­toires, le pré­sen­tiel hypo­thé­tique. Il n’y aura pas de chan­ge­ment radi­cal. On n’a donc pas d’autre choix que d’accepter ce temps dif­fé­rent, entre paren­thèse, et de conti­nuer à avan­cer au jour le jour sans s’angoisser sur l’avenir. Il faut se concen­trer sur l’utile, être posi­tif et actif, impli­qué et enga­gé. Ce qui exige une cer­taine hygiène men­tale, pour se pré­ser­ver du trop plein d’infos qui peut être source de panique tant elles changent tout le temps.

De toute façon, c’est très com­pli­qué de se pro­je­ter dans l’après : Y aura-t-il un boom de consom­ma­tion ? Un chan­ge­ment de com­por­te­ment ? Un nou­veau modèle ?… On n’en sait rien ! Les marques sont sou­mises à des injonc­tions fortes mais ont du mal à ima­gi­ner com­ment elles vont exis­ter après. Il suf­fit de voir les publi­ci­tés actuelles qui oscil­lent entre niai­se­rie et empa­thie de paco­tille. La seule façon d’appréhender l’enjeu du Res­tart est de res­ter vrai, res­pec­tueux de l’entreprise et de ses acteurs, déter­mi­nés à pré­ser­ver les emplois, sou­cieux de la sécu­ri­té de ses employés et du fait en France. La soli­da­ri­té et l’altruisme vont deve­nir des valeurs fon­da­men­tales pour recréer une dyna­mique éco­no­mique et sociale, enté­ri­ner une nou­velle façon de tra­vailler, de pro­duire et de relan­cer le pays.

En atten­dant, on est bien obli­gé de lâcher prise, et même de trou­ver un cer­tain plai­sir dans cette « rou­tine du confi­ne­ment ». C’est du moins mon par­ti pris. Le quo­ti­dien est quand même plus simple quand on ne passe pas deux heures dans les trans­ports. Même si je tra­vaille beau­coup, j’ai gagné en équi­libre. Le temps en famille est plus riche, les repas sont pris ensemble, les liens se res­serrent. La vie de tous les jours devient une aven­ture. J’ai même fait une paël­la pour la pre­mière fois de ma vie !

 

Et vous, qu’en pen­sez-vous ? Que vous ins­pirent ces ques­tions ?  Pre­nez part au débat et envoyez-nous les ques­tions que vous vous posez par mail ou sur ins­ta­gram !

A la semaine pro­chaine, pour un nou­veau regard, d’un autre espace confiné. 

 

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Mots clés : agence de bran­ding, télé­tra­vail, confi­né, ras­su­rant, confinement

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