Confinée et… confiante : l’Œil de Nathalie

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Confinée et… confiante : l’Œil de Nathalie

Face à la situa­tion inédite, nous ins­tau­rons un nou­veau moment de par­tage. Chaque semaine un de nos col­la­bo­ra­teurs nous livre sa pen­sée et son res­sen­ti. Aujourd’hui, Natha­lie Tui­zat, Direc­trice Géné­rale, casque sur la tête, répond à nos ques­tions tout en pilo­tant ses équipes et sa fille, confi­née et… confiante ! 

 

Com­ment se passe le mana­ge­ment à dis­tance par temps de confinement ?

L’entreprise avait déjà tes­té le télé­tra­vail et mis en place cer­tains outils pour le faci­li­ter, mais c’est une toute autre his­toire quand l’ensemble des col­la­bo­ra­teurs bas­culent simul­ta­né­ment à 100% dans le télé­tra­vail. J’avoue que, pen­dant un bon mois, les enjeux orga­ni­sa­tion­nels ont mobi­li­sé l’essentiel de mon éner­gie. Et le mana­ge­ment est deve­nu plus chro­no­phage. Fini les échanges infor­mels autour de la machine à café, la tête pas­sée vite fait dans un bureau, le cou­cou en se croi­sant dans les cou­loirs… Il y un vrai manque à gagner. Quand on ne se voit plus que par visio­con­fé­rence, qu’on doit à tout prix gar­der un contact régu­lier et appe­ler les gens un par un, le mana­ge­ment prend deux fois plus de temps. Il faut tout à la fois main­te­nir l’activité et infor­mer sur la situa­tion, ras­su­rer les équipes, répondre aux ques­tions, don­ner de la visi­bi­li­té alors qu’on n’en a pas for­cé­ment. Il s’agit de prendre en compte les contraintes de cha­cun et l’évolution de la conjonc­ture, tout en main­te­nant les réunions, l’avancée des pro­jets et le rythme de vie de l’entreprise. Fina­le­ment, en tant que mana­ger, tout s’enchaîne et vous entraîne, comme un rou­leau compresseur.

Et puis, avec le temps, on s’y fait, à ce mana­ge­ment à dis­tance, qui fonc­tionne plu­tôt bien une fois la confiance éta­blie et les relais mis en place. Fina­le­ment, les col­la­bo­ra­teurs sont moins dans l’immédiateté et ne se laissent plus enva­hir au moindre pro­blème. J’ai moins de situa­tions conflic­tuelles à gérer. Main­te­nant que la période de mobi­li­sa­tion d’urgence est pas­sée, j’arrive occa­sion­nel­le­ment à « pro­fi­ter » du confi­ne­ment. Plus de trans­port, quel bon­heur, tout de même ! Les paren­thèses de nor­ma­li­té deviennent plus fré­quentes. Je me sens même par­fois « comme à l’agence », à jon­gler entre plai­sir et contrainte. Je ne suis plus dans la sur­vie quo­ti­dienne, mais plu­tôt dans la construc­tion. J’ai à nou­veau le temps de me poser sur un sujet, de mener des réunions de fond, for­cé­ment plus inté­res­santes, d’échanger avec des clients et d’envisager le futur avec eux.

 

Com­ment main­te­nir le moral des équipes confinées ? 

Avec le confi­ne­ment, le mana­ge­ment change de visage. Avant de par­ler pro­jet, on prend la tem­pé­ra­ture au niveau indi­vi­duel. Com­ment ça se passe ? On s’inquiète les uns des autres, on se sou­cie des per­sonnes, de leur san­té, de leur envi­ron­ne­ment : Est-ce qu’elles vont bien, ain­si que leurs proches ? On s’enquiert de leur situa­tion per­son­nelle (iso­le­ment, enfants à charge, loge­ment exi­gu…) qui affecte for­cé­ment leur capa­ci­té à s’investir pro­fes­sion­nel­le­ment. Est-ce qu’elles ren­contrent des pro­blèmes ? Est-ce qu’on peut les aider ? Le mot d’ordre de chaque appel est de prendre des nou­velles. Cette évo­lu­tion dans les rap­ports, plus intimes, plus humains, crée un rap­pro­che­ment inté­res­sant, qui invite aux confi­dences, à plus de natu­rel et de liber­té dans les échanges. On devient plus proche tout en étant plus éloignés.

Et c’est vrai aus­si dans la sphère per­son­nelle. On se voit moins mais on échange plus. Les contacts sont à la fois plus sélec­tifs et plus pro­fonds. Les conver­sa­tions deviennent des vrais moments d’échange et de réflexion. J’ai aus­si remar­qué que cha­cun res­sent le besoin de recréer une struc­ture et un réseau là où il vit. On se parle aux fenêtres, on échange des recettes, des bons plans, des liens you­tube pour se défou­ler à la mai­son… Évi­dem­ment, il y’a des moments de ras-le-bol induits par l’enfermement, on vit tous des hauts et des bas, mais cha­cun finit par trou­ver sa propre rou­tine per­son­nelle pour « s’en sor­tir sans sor­tir ». Per­son­nel­le­ment, j’aime avoir une vie caden­cée, alors je fais ce que j’ai à faire, je jongle entre devoirs, coups de fil, visio­con­fé­rences et loi­sirs. Il m’arrive même, par­fois, de prendre le temps de m’asseoir pour contem­pler ce qui se passe autour de moi et, ma foi, ce n’est pas désagréable 😉

 

Quelles pers­pec­tives de sor­tie de crise ?

La date du 11 mai a don­né une réa­li­té au décon­fi­ne­ment, comme une lumière au bout du tun­nel, même si nous avons bien com­pris main­te­nant qu’il serait rela­tif et pro­gres­sif. Cepen­dant nous avions envi­sa­gé, dès la pre­mière allo­cu­tion d’Emmanuel Macron, un confi­ne­ment pro­gres­sif, qui va nous ser­vir de base pour nous orga­ni­ser et éta­blir un plan de décon­fi­ne­ment pro­gres­sif. Nous com­men­çons à être rôdé, Nous avons démon­tré à quel point nous savons être agiles, au niveau humain et orga­ni­sa­tion­nel. J’ai donc confiance en notre capa­ci­té d’adaptation, mais nous n’allons pas pour autant reprendre là où nous nous sommes arrê­tés. Il reste de nom­breuses incer­ti­tudes, sur la per­cep­tion de nos conci­toyens, leurs dési­rs de consom­ma­tion, les pro­jets des marques, l’état d’esprit des chefs d’entreprise, la capa­ci­té de chan­ge­ment des grands groupes et même, l’état du pays. Dif­fi­cile d’anticiper quand la seule chose que l’on sait, c’est que rien n’est sûr !

Cepen­dant, l’expérience que nous venons de vivre ensemble, en tant qu’entreprise, me rend posi­tive. Nous ne sommes plus en som­meil ni absor­bés par l’organisation, mais dans la dyna­mique, le reboost. Je sens un espoir, une envie de reprendre et d’aller de l’avant. Tout au long de ces der­nières semaines, j’ai été frap­pée par l’implication et la moti­va­tion de nos équipes. Je les sais prêtes à rele­ver le défi du Res­tart, à se remuer les méninges pour réac­ti­ver la machine. Fina­le­ment, nous revien­drons plus riches d’expériences, d’outils de ges­tion, de créa­ti­vi­té et de rela­tions, qui nous per­met­tront de res­ser­rer les liens entre les col­la­bo­ra­teurs, les clients et l’extérieur. Les marques vont devoir com­mu­ni­quer autre­ment, se repo­si­tion­ner, s’engager et nous serons là pour les accom­pa­gner. Pour peu que la prise de conscience soit réelle, cette crise peut être une oppor­tu­ni­té, voire une chance pour nous tous.

 

Et vous, qu’en pen­sez-vous ? Que vous ins­pirent ces ques­tions ? Pre­nez part au débat et envoyez-nous les ques­tions que vous vous posez par mail ou sur ins­ta­gram !

A la semaine pro­chaine, pour un nou­veau regard, d’un autre espace confiné. 

D’ici là, pre­nez soin de vous !

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Mots clés : agence de bran­ding, télé­tra­vail, enga­ge­ment, mana­ge­ment, confi­née, confiante

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